J’ai lu Veronika Décide de Mourir pour la première fois lorsque j’étais en fac de Psycho à Tours, fin de l’année 2003. C’est une copine de classe qui me l’avait conseillé. Je me souviens, elle avait pas mal de soucis et d’ailleurs avait disparu du jour au lendemain sans prévenir personne… J’espère qu’il ne lui ai rien arrivé (je pense l’avoir aperçu ici à Toulouse, c’est bizarre…). Bref, je n’ai pas acheté le livre pour autant. Etant inscrite à la bibliothèque, je me suis ruée pour l’emprunter. Je l’ai lu en deux fois (fatigue oblige), il se lit facilement. ourtant, je n’étais pas une “fan” de Paulo Coelho; j’avais essayé de lire L’alchimiste mais je ne l’ai jamais terminé car il m’ennuyait terriblement à chaque tentative. Avant, il était possible de télécharger gratuitement et légalement le livre en .pdf sur le site officiel de Paulo Coelho mais il l’a enlevé afin de mettre des extraits d’autres de ses écrits (car il ne publie pas que des romans).
Dans ce livre, il aborde différents thèmes comme le suicide, la Mort, Dieu, l’Amour et la folie. Voici le synopsys:
Une après-midi d’hiver, à sa fenêtre, une jeune femme observe la ville. Pour la première fois, son regard est serein. Veronika vient d’avaler quatre boîtes de somnifères. Elle ne veut plus subir l’insupportable monotonie des jours et l’angoisse des nuits. À l’hôpital psychiatrique où elle se réveille, elle apprend que sa mort n’est retardée que d’une semaine. Durant ce sursis, elle fait la connaissance de Zedka, la rêveuse philosophe, de la douce Maria et de son syndrome de panique, et surtout d’Eduard, le schizophrène mélomane, qui écoute la jeune femme des nuits entières lorsqu’elle joue au piano. Peu à peu s’élève en Veronika le désir nouveau de se livrer, “à un homme, à la ville, à la vie”.
J’ai rapidement compris pourquoi ma copine m’avait alors dit que le livre me plairait et m’aiderait dans mes fréquents moments difficiles.
“Veronika était quasi certaine que tout s’achevait avec la Mort. c’est pour cette raison qu’elle avait choisi le suicide: la liberté, enfin; l’oubli pour toujours.
Mais, au fond de son coeur, le doute subsistait: et si Dieu existait? Des millénaires de civilisation avaient fait du suicide un tabou, un outrage à tous les codes religieux: l’Homme lutte pour survivre, pas pour renoncer. La race humaine doit procréer. La société a besoin de main-d’oeuvre. L’homme et la femme ont besoin d’une raison de rester ensemble, même quand l’amour a disparu, et un pays a besoin de soldats, de politiciens, d’artistes.
“Si Dieu existe, ce que sincèrement je ne crois pas, Il doit comprendre qu’il y a une limite à la compréhension humaine. C’est Lui qui a créé cette confusion, dans laquelle tout n’est que misère, injustice, cupidité, solitude. Son intention était sans doute merveilleuse, mais les résultats sont nuls; si Dieu existe, Il doit se montrer indulgent avec les créatures qui ont désiré partir plus tôt, et il peut même nous présenter des excuses pour nous avoir obligé à passer par cette Terre.“
Ce passage m’a très fortement touché au plus profond de moi car il me renvoie à mon histoire personnelle, au départ volontaire (ou non) de ma Tante, au fait que suite à ça j’ai coupé les ponts avec Dieu car selon moi c’était de sa faute si elle n’était plus avec nous.
Pourquoi, un jour, décide-t-on de quitter le monde des vivants volontairement ? Ai-ce parce que nous sommes faibles, que nous n’arrivons pas à surmonter les souffrances de la Vie; parce que rien ni personne ne nous y retient ?
Est-ce possible que dans “l’entre deux vies”, au moment de renaître, l’âme choisisse grossièrement les épreuves qui vont l’attendre pour évoluer et donc que tout appartienne à un objectif bien défini d’avance; qu’apporterait alors le suicide dans le cycle des renaissances, au karma ? Il me semble que dans le Bouddhisme comme dans bon nombre d’autres religions, le suicide est condamné. Est-ce que la peur de l’Enfer, du châtiment, ce que la Religion nous dicte peut être suffisante pour rester en vie et endurer les souffrances que nous rencontrons ?
“Plus les gens peuvent être heureux, plus ils sont malheureux.“
Cette première phrase pourtant toute simple a été vérifiée et revérifiée. Que ce soit moi ou les gens que je côtoie, avec le recul c’est la conclusion la plus vraie qui me vient en tête lorsque j’analyse les comportements. Il est tellement plus facile de bousiller ce qui peut nous apporter du positif, afin d’avoir quelque chose dont on peut se plaindre, se morfondre. Comme si on était plus vivant dans le malheur que dans la joie. Ne pas profiter de ce que la Vie et les personnes sur notre route nous offre de bon, rester dans l’optique que de toutes façons quelque chose de mauvais arrivera, en découlera car ça ne peut pas être autrement.
“Tu n’as rien à perdre. Beaucoup de gens ne se permettent pas d’aimer justement parce que bien des choses de l’avenir et du passé sont en jeu.“
Pourquoi tant de personnes refusent d’aimer et de se laisser aimer, tout simplement ? La raison semble être simple: la peur. Peur d’être déçu, peur de perdre sa liberté et que sais-je encore. Et puis, il y a cette impression qu’on ne mérite pas l’amour des autres, qu’on n’est pas suffisamment une personne bien et que l’Amour, ce n’est que pour les autres car la personne qui nous aime finira par ouvrir les yeux un jour et se rendra compte qu’elle a perdu son temps et son énergie. Ce sont de fausses excuses, nos yeux sont brouillés par la crainte. Il faut trouver la clé contre ses portes fermées envers les autres… mais pour cela, faut-il déjà en être conscient et surtout l’accepter.
“Exceptés quelques cas pathologiques graves, les gens deviennent fous lorsqu’ils essaient d’échapper à la routine.”
“Qu’est-ce qu’un fou?
- Cette fois, je vais te répondre sans tricher: la folie c’est l’incapacité de communiquer ses idées. Comme si tu te trouvais dans un pays étranger: tu vois tout, tu perçois ce qui se passe autour de toi, mais tu es incapable de t’expliquer et d’obtenir de l’aide parce que tu ne comprends pas la langue du pays.
- Nous avons tous ressenti cela un jour.
- Nous sommes tous fous, d’une façon ou d’une autre.“
C’est vrai après tout: c’est quoi la folie ?
En conclusion à cette note, ce livre de Paulo Coelho peut paraître léger en “enseignements” comparés à d’autres incontournables du même auteur, moins poussé. Pourtant, il n’en ai rien selon moi.